Spécial Besancenot, Mai 68, Profs, PS, FN, service minimum, Xavier Darcos, François Fillon et JO...
C’était dans l’air depuis un certain temps, c’est désormais officiel. Les Caisses d’épargne vont supprimer 4 500 postes (sur un total de 52 000) d’ici à 2012. Une restructuration qui,
affirme le groupe, s’effectuera «sans aucun départ contraint». «Cela se fera par la gestion des départs naturels et la favorisation de la mobilité fonctionnelle, du siège au
commercial», a précisé samedi une porte-parole de la banque.
«Accélérateur». Cette annonce a été faite aux représentants du personnel mercredi lors d’un comité de groupe. La prochaine banalisation du Livret A, dont la commercialisation
était jusqu’à présent la chasse gardée de la Caisse d’épargne et de la Banque postale, en est bien sûr une des raisons principales. «Nous avions déjà annoncé ces risques de suppression de
postes. Tout cela participe d’un projet mis en œuvre depuis plusieurs années pour renforcer notre efficacité, qui s’est déjà traduit par des fusions de caisses [de 26 Caisses d’épargne à
21, ndlr], et par une informatique unique que nous aurons d’ici à 2012. Les contraintes dues à la banalisation du Livret A sont un accélérateur de ce projet», explique-t-on au siège
du groupe.
Le projet de loi de modernisation de l’économie prévoit de généraliser au 1er janvier 2009 à toutes les banques la commercialisation du
Livret A, une réforme imposée par Bruxelles. Fin janvier déjà, les syndicats avaient fait part de leurs inquiétudes en cas d’application à la lettre du rapport Camdessus, paru en
décembre, qui préconisait cette réforme. Celle-ci pourrait, disaient-ils à l’époque, entraîner la suppression de 4 000 emplois. Le mois dernier, dans la Tribune, le président du
directoire de la Caisse d’épargne Provence-Alpes-Corse prédisait que cette réforme risquait de conduire à des dizaines, voire des centaines, de fermetures d’agences en France, certaines ne
tenant que grâce à leur stock de livrets A.
Pactole. Pourquoi une telle excitation autour du Livret A ? C’est que ce produit d’épargne défiscalisé, à taux réglementé (3,5 %), bénéficie d’une grosse cote auprès des Français :
plus de 45 millions d’entre eux en possèdent. Un pactole de 140 milliards d’euros pour les banques concernées.
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