Les fédérations syndicales de l'Education ont décidé de ne pas assister aux voeux du président Nicolas Sarkozy aux personnels enseignants, qui seront présentés lundi, annonce le syndicat UNSA
Education.
Les organisations FAEN, Ferc-CGT, FNEC-FP-FO, FSU, SGEN-CFDT et Unsa Education n'enverront aucun représentant à ces voeux à Saint-Lô, dans la Manche, et appellent leurs adhérents à ne pas y
assister s'ils ont été conviés, a précisé à Reuters Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU.
A l'appel des syndicats, un rassemblement des manifestants est en outre prévu à Saint-Lô à l'arrivée de Nicolas Sarkozy.
Les six fédérations présenteront concurremment à ceux du chef de l'Etat leurs voeux pour l'Education, alors qu'ils sont engagés dans une lutte contre les 13.500 suppressions de postes prévues à la
rentrée 2009 et ont appelé à une grève massive le 17 janvier.
La mobilisation dans l'Education a repris jeudi avec une journée d'action dans les lycées où des blocages temporaires ont eu lieu, alors que les rassemblements dans les grandes villes ont été
modestes, attirant quelques centaines de manifestants.
Les syndicats ont quant à eux salué un recul du ministre de l'Education Xavier Darcos, qui ne supprimerait plus selon eux que 1.500 postes sur les 3.000 prévus dans les Rased (réseaux d'aide aux
élèves en difficulté).
On apprend aussi que les magistrats appellent à boycotter aussi Sarkozy:
La colère des magistrats de la cour d'appel de Paris monte contre "le projet de modernisation" concocté par leur Premier président, Jean-Claude Magendie, une réforme qualifiée de "dérive
autocratique" par les représentants des deux principaux syndicats, SM et USM, qui ont décidé de boycotter la traditionnelle rentrée solennelle de la cour vendredi matin.
"La cour d'appel de Paris est un des lieux stratégiques de la justice française", soulignent le Syndicat de la magistrature (SM) et l'Union syndicale des magistrats (USM), soutenus par l'UJAF, le
syndicat des greffiers et du personnel administratif. Plus de 45.000 décisions sont rendues tous les ans par la cour d'appel qui comprend 70 formations de jugement, sans compter les assises, et
s'étend sur 85 juridictions.
"Cette reprise en main intervient au niveau national par les atteintes à l'indépendance de la justice, mais aussi plus sournoisement dans les juridictions par le biais de chefs de juridiction
tout-puissants", a noté Emmanuelle Perreux, la présidente du SM, rappelant que c'est M. Magendie, pourtant un magistrat du siège, qui avait évoqué en premier dans une interview, la suppression du
juge d'instruction annoncée mercredi par Nicolas Sarkozy.
Les magistrats de la cour d'appel s'inquiètent surtout de la réorganisation de la cour d'assises de Paris en "pôles spécialisés" dont l'un serait affecté à la grande criminalité et au terrorisme,
ainsi que des faibles moyens alloués aux chambres sociales.
Ils fustigent aussi la méthode. "Le 21 novembre dernier, 70 magistrats ont appris un vendredi soir, par mail, qu'ils étaient déplacés d'office", dont plusieurs des 14 présidents d'assises
"unanimement reconnus pour leurs qualités professionnelles", s'est insurgée Simone Gaboriau du SM. "La concertation a été une pseudo-concertation", a renchéri Valérie Dervieux de l'USM.
Pour marquer leur désaccord devant le "manque de concertation", les deux syndicats ont appelé leurs membres à boycotter l'audience de rentrée solennelle. Ils ont été rejoints sur ce point par
l'Association de la presse judiciaire qui, pour la première fois en plus de 120 ans, a également décidé de ne pas se rendre à cet événement pour protester contre la "dégradation des conditions de
travail des journalistes" au palais de Justice de Paris et la "défiance" dont ils font régulièrement l'objet de la part des autorités.